Les Fêtes d’antan L’armistice avait sonné : la guerre 39-45 était finie. Les prisonniers rentraient chez eux, accompagnés par le carillonnement des cloches qui sonnaient à toute volée . Les gens du village étaient heureux de retrouver leurs enfants, (quand ils revenaient !) souvent après cinq longues années d’absence dans des camps (stalags) ou des fermes allemandes, plus ou moins bien traités.. La population des anciens et surtout la jeunesse, avaient soif de vivre dans le bonheur et la joie, de danser, de festoyer. Quoi de plus normal ?Les fêtes votives reprirent dans toutes les communes des environs et pour nous, les jeunes, qui n’y avions jamais participé, ce fut un grand événement. Depuis des siècles , notre village honore trois saints (St Jean - St Roch et St Michel ). Trois chapelles leur sont dédiées. ( Historique ) Pour la chapelle St Jean, le prieuré apparaît au XIVème siècle. Il a été construit sur les ruines d’un établissement agricole de la fin du bas- empire romain.. Elle se trouve dans le quartier de Mélissane, en bordure de la rivière de l’Arc, et de la route de la Barque à Trets, face au chemin de la Grande - Bastide. Pour la fête du Saint , le 24 Juin, beaucoup de villageois se rendaient à pied à la chapelle pour assister à la messe.C’était une tradition ! Pendant les mois qui suivirent la libération de la Provence par les alliés, la chapelle St Jean servit d’abri à des soldats américains qui gardaient un grand dépôt d’essence, dans le champ, face à la porte d’entrée. Pour la petite histoire, je passais devant tous les matins , avec mon ânesse Margot, pour transporter des bidons de lait à l’épicerie des quatre chemins de la Barque .. La chapelle St-Roch, a été bâtie en 1729, suite à un vœu, en remerciement, Fuveau ayant été épargnée par la peste de 1720. Elle se trouve en périphérie des vieux quartiers. Rue Pour ce qui est de la chapelle St Michel, il est difficile de remonter aux origines. En 1098 , elle faisait encore fonction d’église paroissialeremplacée en 18 ? par l’église actuelle, sur la colline de Roquehaute, à l’emplacement de la chapelle de l’ancien château-fort. Elle a été entièrement restaurée au xvème siècle. On peut supposer, sans en avoir de preuves archéologiques, qu’elle a été construite sur l’emplacement d’un lieu de culte gallo-romain. Quant à dire que le premier village de Fuveau se trouvait là, (on le voit souvent écrit ou imaginé) c’est archi-faux.. Le lendemain de la communion, tous les communiants étaient conduits en procession à la chapelle St Michel. A l’époque, ils étaient nombreux et la tradition voulait qu’ils s’y retrouvent avec leurs parents pour la « messe d’action de grâces », à dix heures. La semaine de la St Jean, le comité des fêtes, composé de bénévoles, organisait les festivités, et, bien entendu, gérait les dépenses et les recettes . La municipalité accordait une subvention, plus ou moins importante ; elle fournissait également tables, chaises et autres matériels et finançait l’orchestre. Le comité s’employait à assurer la réussite de la fête, pour le plaisir des habitants et pour le bénéfice qui leur permettrait de faire de nouveaux projets et d’améliorer le programme pour l’année à venir. Les préparatifs commençaient quelques jours plus tôt, alors que les forains ambulants bloquaient une partie du boulevard Loubet , Le coeur de la fête battait sur le cours ombragé, et sur une partie du boulevard (un des plus beaux et des plus grands boulevards des villages alentour). Et le terrain de jeux de boules tout proche représentait également un point d’attraction très important. Au cours de la semaine qui précédait, les jeunes du comité distribuaient les « torques » ( espèces de brioches), présentées dans de grandes corbeilles en osier, garnies de tissu provençal : une partie de l’orchestre( quatre ou cinq musiciens) faisait partie de l’expédition, et sur des airs de musique, le groupe passait de porte en porte : les gens donnaient leur obole, en contre- partie de la fameuse « torque » . Une autre équipe faisait le tour des bastides, et des maisons isolées et l’ argent récolté contribuait à la célébration de l’événement. Un peu partout, et dans tous les environs, des affiches annonçaient le programme : heures des bals, concours de cartes ( belote ou quadrette ), jeux pour les enfants qui se déroulaient le lundi, souvent à l’heure de la sieste des grands Cette publicité devait attirer le plus de monde possible. Une affiche spéciale pour les concours de boules, ( jeu provençal et pétanque ) comportait la liste des prix attribués : ces concours de boules attiraient les grands champions de la région Provence. Fuveau s’honorait d’un orchestre philharmonique, composé de nombreux musiciens, pratiquement tous des mineurs de fond qui travaillaient à la mine de Gréasque . Les jeunes, se regroupaient pour jouer da la musique, dite moderne : c’était le début du « swing et du chachacha », musique de sauvages comme disaient les « vieux de 40 ans » Ils avaient formé un orchestre d’une dizaine, et tous les dimanches après- midi, ils donnaient un bal au- dessus du café du cours. A la sortie du cinéma « Eden Cinéma », nous nous retrouvions tous au bal, à détailler ou espérer une danse avec les jeunes filles du village , accompagnées bien entendu, de leur maman !!!. Le jour « J » approchait. Il fallait monter l’estrade pour l’orchestre, entre deux platanes, et prévoir la piste de danse, la plus grande possible, car à cette époque, tout le monde dansait Actuellement, plus personne ne danse : les gens « badent » l’orchestre, qui joue une musique barbare, atroce, à renfort de décibels à ne pouvoir s’approcher. Pour mon compte personnel , je trouve cela horrible . Mais que faire ? les modes changent Des bancs sans dossier, (simples planches clouées sur des rondins de bois, mais cela faisait l’affaire !)étaient aménagés tout autour de la piste ; la scène était décorée de branches de genêts toutes fraîches coupées, accompagnées de quelques branches de pins, ou autre verdure : sur le fronton de l’orchestre, des guirlandes et ampoules multicolores Tout était prêt pour le bal de 22 heures, après le repas du soir. Les patrons de bistros participaient également aux préparatifs, en occupant la partie du cours qui n’était pas destinée au bal : chacun sortait un vieux comptoir utilisé deux fois par an, pour les fêtes de St Jean et celle de St Roch, et de vieilles tables longues, des chaises, des bancs, si bien que tout l’espace était occupé. Sitôt montée, l’estrade servait de terrain de jeux aux enfants livrés à eux-mêmes qui couraient sur le plancher de bois, ce qui occasionnait un bruit infernal : le garde- ville (Mr Régis), intervenait mais, sitôt qu’il avait les talons tournés, les galopades reprenaient de plus belle et cela durait jusqu’au démontage de la plate-forme, après la fête de la St Roch, un mois plus tard. Le terrain du Jeu de boules était nettoyé à la pioche, pour couper les herbes, en prévision des grands concours qui allaient s’y dérouler : ce travail était souvent attribué, moyennent quelques francs, à un homme du village (handicapé mental) dit « Popol » : il était gentil et aimé de tous, employé occasionnellement pour quelques menus travaux. Dans le fond du jeu de boules, Mr Régis plantait les poteaux prévus pour recevoir les pièces du grand feu d’artifice . Mr Malet, employé municipal, en qualité de « fontainier », s’occupait de l’arrosage des rues et des abords de la place, plus particulièrement. Mr Coste, quant à lui, était chargé de l’installation des éclairages et des guirlandes Le samedi en fin d’après- midi, les forains installés sur le boulevard, jusqu'à la hauteur du cercle Philharmonique, ouvraient leurs étals et démarraient les manèges. Par-dessus les refrains bruyants, on pouvait entendre quelques notes de musique et des airs de farandole qui s’échappaient des fenêtres du premier étage du Cercle, où répétaient quelques musiciens. . A chaque entrée de Fuveau, de grandes banderoles en gros caractères colorés « BIENVENUE AUX ETRANGERS » accueillaient les visiteurs : l’accès au bal leur était gratuit, ainsi que pour les femmes et filles du village . Seuls, les hommes « mettaient la main à la poche ». Enfin, tout était prêt, pour que les festivités commencent Déjà en fin d’après-midi, régnait partout une grande animation . Le « Jeu de boules » était le théâtre de compétitions acharnées, avant les grands concours qui devaient s’y dérouler les jours suivants .Les habitués de la belote ou de la manille installés aux tables prévues par les bars, sous les platanes, s’adonnaient à des parties de cartes, tout en dégustant quelques verres de pastis .Tous les hommes étaient de sortie et chacun se lançait dans la fête à sa manière, souvent bien « arrosée »L’effervescence était à son comble. A vingt-deux heures, les musiciens sortaient du Cercle Philharmonique, en jouant la farandole : aussitôt se formait une chaîne de filles et de garçons, se faufilant parmi les gens qui commençaient à affluer, passant entre les baraques foraines, serpentant en tous sens et récupérant de nouveaux farandoleurs au passage . Les musiciens nous suivaient à pas lents, tout en se dirigeant vers la piste de danse. Nous descendions jusqu’au « Jeu de boules » puis nous remontions : la farandole devenait une longue chaîne humaine, qui zigzaguait autour des platanes, des tables, partait et revenait sur la piste du bal, jusqu’aux dernières notes de musique. C’était un moment de folie collective : les jeunes gens étaient en sueur, les plus âgés avaient souvent peine à reprendre leur souffle, mais chacun s’amusait Cris de joie et rires fusaient partout Alors, les musiciens prenaient place sur l’estrade et les rythmes endiablés s’élançaient. Ce n’étaient plus les danses des années 1920 : pourtant quelques- unes subsistaient, comme la polka et la java En principe, le bal démarrait par un paso-doble entraînant, suivi par des rythmes modernes, ramenés des Etats-Unis avec la Libération. La piste était pleine de danseurs, des plus jeunes aux plus vieux , surtout pour les danses anciennesLa fête battait son plein. Le Cours était noir de monde : Les réjouissances avaient commencé pour une durée de trois jours, trois jours de joie, de liesse, de bonheur : le renouveau après ces cinq longues années noires ! On retrouvait les anciennes traditions, tous les jeux, provençaux transmis par nos anciens et nous, les jeunes, allions les découvrir ! Cette fête de la St-Jean était une des premières des alentours : la jeunesse des villages voisins venait en nombre, d’autant que l’entrée du bal était gratuite . Tout le monde voulait oublier le cauchemar des années passées. Les airs de java, de polka, de valse entraînaient les couples sur la piste : les danseurs s’en donnaient à cœur joie et virevoltaient simplement, sans façons, profitant du moment présent et n’hésitant pas à s’aventurer dans des cadences hasardeuses. Les anciens manèges : chevaux de bois ! balançoires ! tir à la carabine ! loterie ! oubliés au fond des remises , trônaient à nouveau sur le boulevard, tout enguirlandés et repeints de neuf, pour le plaisir des petits et des grands . Toutes les tables des bars étaient prises d’assaut et les consommations allaient bon train, sous les flonflons. Nous avions écouté nos parents nous raconter les fêtes d’antan , laissant libre cours à notre imagination ,et voilà que nous en faisions l’extraordinaire découverte ! Autour de la piste de danse, alignées sagement sur les bancs, les jeunes filles, sous l’œil de leur mère, tantes ou voisines, attendaient l’invitation des garçons qui n’osaient pas trop se hasarder, par crainte d’un refus ou d’un regard hostile des mamans.On ne badinait pas sous leur surveillance, et ce n’était pas engageant ! Nous les considérions « vieilles », mais en réalité, elles n’avaient guère que quarante ans.Sur le coup de minuit, l’orchestre faisait une longue pause, tout en annonçant le quadrille : depuis que les anciens nous parlaient de ce fameux quadrille nous étions impatients :je m’imaginais le quadrille de l’époque des rois !!. ( Vous le décrire ne va pas être simple pour , car je dois remonter dans le temps, mais je vais faire de mon mieux) Comme son nom l’indique, « quadrille » vient de quatre. C’était une danse à la mode, à la fin du 18eme siècle, exécutée par quatre couples de danseurs, en quatre figures différentes. Première figure , la ronde : un pas sautillé , départ vers la gauche durant la première phase musicale. Sur la deuxième , les danseurs tournent en pas marché avec un départ en sens inverse, et l’on répète alternativement . Deuxième figure : les quatre cavalières forment une ronde centrale , les bras repliés à hauteur de l’épaule. Les cavaliers entourent cette ronde , les bras tendus. Sur la première phase musicale, les filles tournent en petits pas sautillés vers la gauche, tandis que les garçons sautillent en partant vers la droite. Les filles s’immobilisent ; les garçons marquent le pas en avant et lèvent leurs bras vers le haut, les passant autour des têtes des demoiselles ; puis, pour tous ainsi enlacés, quatre pas à gauche, quatre à droite, et l’on revient à sa place de départ en décroisant les bras. Troisième figure : le moulin Une ceinture, ou un mouchoir, auquel chaque cavalier s’accroche par la main droite en prenant une cavalière par la taille avec son bras gauche. Les cavalières reculent de trois pas, et se retrouvent avec le cavalier suivant et reprennent ces trois pas, changeant ainsi quatre fois de partenaire Quatrième figure : le galop-- Les couples, mains croisées dans le dos et placés les uns derrière les autres, forment une ligne qui se démarque alors : un couple à droite, un à gaucheet ensuite, formation à quatre, puis formation à huit, etc., jusqu’à épuisement du nombre de couples.. On se sépare à nouveau pour prendre un rythme plus rapide de galop. Les musiciens accélèrent le rythme et les cavaliers terminent autour de la piste, dans une course effrénée,( les plus âgés abandonnant bien souvent avant la dernière figure). Tard dans la soirée, les couples d’amoureux, formés le jour même ou auparavant, s’éclipsaient en douce, lorsque la surveillance maternelle se relâchait ou devenait difficile à exercer dans cette foule tourbillonnante Alors la mère s’inquiétait de ne plus apercevoir sa fille dans la bande de jeunes gens qui continuaient à courir au rythme de la musiqueLa belle était « partie à la Bastide » pour « carigner ! »( traduction flirter !) . Je ne connais pas l’origine de cette expression : « partir à la bastide » qui doit correspondre à une histoire ancienne ? Souvent , les amoureux revenaient longtemps après , les joues rougies et les cheveux défaits, pour subir les remontrances de la personne qui était chargée de la surveiller. ( qui peut-être en avait fait tout autant dans son jeune âge ? Chut !) Avant la fin du bal, vers une heure du matin, il apparaissait quelques jeunes gens, et aussi quelques adultes, en retrait de la piste de danse, dissimulés derrière les platanes, ils étaient tous revêtus d’habits de travail (en bleu), cela laissait prévoir qu’il allait se passer quelque chose !! d’autres personnes retroussaient le bas de leur pantalon !! Nous savions qu’après le bal il y avait la bataille de (serpentos) chose que nous attendions depuis des années : depuis que les vieux nous la décrivaient, nous avions hâte de voir cette bataille. Un serpento, est un pétard à mèche, de grosseur et longueur différente, il est propulsé par de la poudre noire, en suivant une trajectoire ondulée comme le ferait un serpent. La légende dit que la personne qui partait en courant était suivie par le pétardJe n’y ai jamais cru. Le comité des fêtes allait s’approvisionner à Pertuis, ou se trouvait la fabrique. Quelques minutes avant la fin du bal, déjà des personnes quittaient les alentours de la piste, les personnes accompagnées de leurs enfants, à un point, que le cours se vidait en rien de temps ; l’orchestre s’empressait en toute hâte, de plier leurs instruments, sur recommandation du comité des fêtes, les forains fermaient avec hâte leur baraques, que déjà les premières explosions se faisaient entendre. Il se formait plusieurs groupes : un se tenait, devant le café du cours, un autre devant Pape ( les Fuvelains s’y reconnaitrons) et autre groupes de jeunes, se tenaient le plus près possible de la grand-rue, et celle des joyeux, où souvent étaient retranchés des groupes de curieux, et surtout des filles, qui lançaient des cris stridents, à chaque passage d’un serpento. Cela durait jusqu’à tard dans la nuit, il y eut des personnes en partie brulées, je me souviens d’un copain qui avait fait une réserve dans sa chemise, qui pour une raison inconnue avait pris feu, il fut gravement brûlé .La plus grande bataille de serpentos qui restera dans mes souvenirs, est celle de 1946, qui avait fini au petit jour. J’avais quatorze ansAvec mon frère Noël il nous faillait descendre à la bastide à pied, ce fut la seule fois de notre jeunesse, ou nous rentrâmes au lever du jour Le dimanche matin, lorsque le cours et une partie du boulevard avaient avait fait peau neuve, sous le balai de Mr Malet le cantonnier : vers les dix heures, un cortège se formait pour aller déposer une gerbe de fleurs au monument aux morts, il y avait là une grande partie de la population. Après le discours de Mr le Maire, les musiciens jouaientt La Marseillaise, suivie d’une minute de silence en hommage a nos anciens morts pour la France.Par la suite un apéritif concert avait lieu sur le cours, offert par la municipalité, il y avait là toute la philarmonique au grand complet, en habit d’apparat, l’orchestre était dirigé sous la baguette de Mr Marcchi. Il y était joué quelques grands morceaux de musique classique , que quelques rares personnes connaissaient : car dans le village à cette époque rare était les mélomanes, qui reconnaissaient une musique de Beethoven, Mozart, Ravel, ou Schubert, mais cela était tout de même agréable à entendre..Après un grand apéritif, tout le monde regagnait son domicile pour le repas du midi.Sauf quelques bandes d’hommes, qui aimaient particulièrement le pastis faisaient le tour de bistros.Le soir, ressemblait à celui de le veille, la farandole, le bal, le quadrille, et en fin de soirée, la bataille de serpantos Le lundi matin, une personne du comité des fêtes organisait des jeux pour les plus petits, cela se passait devant l’orchestre, il y avait la traditionnelle course de sac, le mat de cocagne, le jeu de la marmite : une marmite de terre était accrochée au bout d’une corde, à une branche de platane, le joueur avait les yeux bandés, et muni d’un grand bâton, après lui avoir fait faire plusieurs tours sur lui même, il fallait qu’il casse la marmite, les autres petits, le dirigeaient dans la direction de la marmite, dans une grande cohue, la marmite était pleine d’eau, le plus souvent l’enfant qui arrivait à la casser, prenait une légère douche ! mais il avait gagné et il était récompensé par des bonbons. Vers les 10 heures, une bombe artisanale, était posée, par le garde ville Mr Régis, dans la traverse qui se trouve à côté du café du cours, l’explosion annonçait le commencement du grand concours de boules à la longue (jeu provençal), ce concours attirait les grands joueurs de la région, plus ceux du village qui comptaient parmi des bons des alentours, quelques noms : Pécol, Nicky, Séno, Pontier, Policchétti François, Lucchi, Caca, Paoli, Danton, et bien d’autres qui ont marqué le jeux de boules de leur passage. Selon les équipes qui s’affrontaient, il se formait une galerie de spectateurs autour d’eux, le règlement était respecté à la lettre, surtout pas une réflexion de la part d’un spectateur : au douze coups de midi, les parties en cours s’arrêtaient, pour reprendre en début d’après midi, toujours à l’explosion de la bombe, sous un soleil de plomb : souvent une partie durait trois heures : où il y avait le plus de monde c’était a la finale, qui bien souvent prenait fin soit le mardi matin , où l’après midi Le mardi matin, vers les onze heures, il y avait la bague au boguet, un jeu d’adresse, qui existait dans le monde paysan depuis des siècles : d’après les dires de mon père, dans sa jeunesse il habitait dans une banlieue de Marseille, (les Caillols) où il y avait pratiquement que des maraîchers ; toutes les années pour la fête votive, se déroulait le concours de la bague au bogey : ce village était, avec celui de Cuges-les Pins, Lascour : à la Ciotat, et Château-Gombert où se pratiquait cette compétition ?: Où s’affrontaient de véritable équipes, il y avait un prix aux gagnants, plus des primes offertes par des spectateurs ou les commerçants du quartier : des harnais pour les chevaux : en principe les équipes étaient composée de deux personnes, ou un groupe, équipé d’un cheval attelé à un boguet, où charrette : un portique était monté, souvent entre deux platanes ; à l’horizontale et à une hauteur d’environ quatre mètres, était suspendu au portique, un récipient en bois, cerclé comme une barrique, (dit lou pouayésceau du puits) d’une teneur de 10 litres environ, qui à sa base était prolongé d’une tôle, genre bavette, à son centre se trouvait un trou, la cible : (lou Pouayé) était rempli d’un mélange de peinture à l’eau, de différentes couleurs. « d’où le plaisir du jeu, s’il y avait maladresse de la part du concurrent ». L’intérêt était que l’équipage étant assez secoué, par le revêtement de la route, ornières, cailloux : le concurrent était muni d’une perche (genre tournoi) il était très difficile pour lui de faire entrer le bout de la perche dans la cible, de la bavette, sans que le cheval s’arrête sous le portique, sinon le tour était annulé, en manquant la cible, il suivait du retournement du seau de peinture sur le groupeSi le concurrent réussissait a introduire la perche dans la cible, il fallait qu’il lâche la perche dans la cible, pour ne pas renverser, le contenu du seau. et la 1er manche était gagnée Dans les années 1947 et plus, nous passions avec notre boguet et la jument Nine, (la seule jument trotteuse du village), cela était encore fait à peu prés dans les règles du jeu : plus tard les jeunes passaient avec des charretons, tracteur et remorque, camionnette : le jeu à dégénéré, pour devenir au fil des années à un amusement, à une grande noyade collective, à toutes les personnes qui se trouvent à portée d’un seau d’eau, au grand étonnement des touristes ! qui malgré tout avait son charme : mais la bague au boguet n’a plus rien de son nom d’origineDommage !!! Dans le courant de la fête, au bal, après le repas de soir, il y avait deux ou trois concours de danse, en principe c’était toujours un concours de valse, elle durait jusqu'à ce que les deniers danseurs soit qualifiés : au début il y avait pas mal de monde, car à cette époque la valse se dansait encore beaucoup, (pas par les jeunes), puis à mesure que le temps passait les mauvais danseurs étaient éliminés par les juges, ou s’éliminaient eux mêmes, le nombre de danseurs diminuait, de plus en plus, en principe, il restait toujours les deux mêmes couples, un couple de Gréasque, Manolo (dit sardine) avec sa sœur Conchita, et mon oncle et tante, Dellasta Louis (dit loulouille) et sa femme Piérrine : quatre valseurs remarquables, qui dans les années qui suivirent, le jury n’est jamais arrivé à départager, cela devenait un spectacle, la piste était pleine de monde, qui les regardait tourner, sans un écart d’un centimètre, ils étaient comme sur un nuage.Ils tournaient en mesure de belles valses musettes de l’époque, genre (le petit vin blanc), après une bonne demi heure de danse, et l’ essoufflement de l’accordéoniste, le jury les déclarait ex-æquo, et cela pendant des années durant, lorsque l’orchestre s’arrêtait, il était suivi par un tonnerre d’applaudissements, bien mérités.Je crois bien que le comité organisait ce concours de valses, uniquement pour voir ces deux couples évoluer comme des professionnels sur la piste de danse, pour le plaisir des yeux Le mardi après midi, il n’y avait pas le bal, cette journée était consacrée aux concours de quadrette, et de belotte, et surtout aux finales des boules, les gens s’intéressaient surtout au (Jeu Provençal) parfois la pétanque était terminée.dans le courant de la journée du mardi, il y avait foule au jeu de boules, pour voir la demi finale le matin, et la finale l’après midi. Les parties se jouent par équipe de trois joueurs, le pointeur, le milieu, et le tireur : au village il y a toujours eu de très bon joueurs : toutes les après midi il y avait des parties, entre retraité mineurs. Le mardi soit il y avait moins de monde, les gens avaient repris le travail, soit à la mine, ou aux champs : nous restions pratiquement entre Fuvelains, à cette époque là, nous étions environ deux mille cinq cents, tout le monde se connaissait, cela faisait une grande soirée en famille. La piste de danse était moins remplie, et la soirée finissait moins tard, il y avait toujours le fameux quadrille, et pour le final , le reste de la réserve de serpentos.. Voilà les flonflons de la fête disparus, les barques foraines parties de bonne heure pour aller s’installer à un village voisin : après un grand nettoyage, à grand eau, du cours et de tout le boulevard, la place était propre pour le marcher du lundi. Seul l’orchestre restait entre les deux platanes pour la fête de la St Roch. Le lendemain les discutions allaient bon train sur le déroulement des festivités, qui n’avaient pas eu lieu depuis si longtemps. Les habitudes reprirent, les femmes vêtues de noir assisses sur les trottoirs, avaient repris leur ouvrage (Enfileuses de perles ), tout en papotant, d’une chose ou d’autres, des nouveaux jeunes couples, réalisés où défais, pendant la fête. Mais ! La St jean ! N’est elle pas la fête des amoureux !..... Sans doute cela leur rappelait un peut leur jeunesse à jamais disparue. Et les cigales reprirent à chanter d’un même accord sur les platanes verts, de notre beau village Provençal. Nous, les jeunes, nous attendions la fête de la St Roch avec impatience. Mais il fallait encore qu’il n’y est pas trop de travail qui presse à dans les champs, en cette période du mois d’aout , pour que notre père nous laisse monter à la fête, au moins le soir après le souper, mais cela était une autre histoire !!!!! Il y a des années, où le comité des fêtes organise un Aïoli monstre, fait avec notre belle, et bonne, et surtout, vierge !! huile de notre chère Provence, les tables occupent presque tout le cours, une grande partie de la population participait à ce repas, bien arrosé par un bon vin du coin ! le tout accompagner par le chant des cigalons et cigales !!! sous cette voute de ciel toujours bleu Provence Dellasta Marcel 10-2007
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