Le Cabanon (Lou Cabanoun) Il n’était pas rare de voir le matin, un hommes vêtus de bleu de travail, pousser un charreton, qui était plus ou moins chargé, soit de déchets ou de fumier, qu’il transportait a son cabanon pour la fumure de sa vigne, où pour ses quelques légumes, de printemps, ou d’été, qu’il faisait pousser entre les raies (ooutin) de vignes. Presque tous les habitants du village possédaient un charreton. A part un attelage d’un cheval avec une charrette, il n’y avait aucun autre moyen de transport à cette époque. Le charreton était propre au village de Fuveau, je n’en n’ai jamais vu un dans un autre village, à part des brouettes. La fabrication était faite par Mr Jean Pontier, le charron. Pour la petite histoire, en paiement, du labour que j’avais fait à la vigne de Mr Laugier Emile, j’ai hérité du charreton de Noël-le-chanteur, (Nouvé lou Cantaïré), personnage qui a marqué son passage en son temps. Surtout pour nous le enfants Comment vous décrire un cabanon. Pour un habitant de Fuveau (Surtout un Mineur), avoir un morceau de terrain, quelques centaines de pieds de vignes, un puits, et un cabanon, Ha ! Le cabanon, c’était avoir une richesse ! C’était un passe temps, il permettait à tous les mineurs de fond, de profiter du grand air, et du soleil, qui leur faisaient défaut toute la semaine. Il était souvent bâti plein sud, au pied d’un mur de pierre (bancaou). A quelque chose près, le cabanon était semblable à tous les autres. A première vue il ressemblait à un Establon, avec la porte à doubles battants, il faisait souvent pas plus de six à huit mètres carrés, sur le côté il y avait toujours une petite fenêtre (lou fénestrou) et une meurtrière qui donnait autant que possible sur un champ, ou vers la colline, pour pouvoir de temps à autre tirer un lapin. Dans le fond, ou sur le coté, une cheminée, avec le foyer très bas : souvent grande en rapport de la superficie du cabanon. Car elle était prévue pour faire la grillade, ou même faire tourner une broche. Le mobilier se limitait à pas grand-chose, une vieille table, souvent bancale, et poussiéreuse, deux vieilles chaises, souvent dépailler, ou un banc. Sur la table on pouvait y voir (Lou pouairé, mé la Carrélo) le seau et la poulie du puits. Il y avait aussi quelques boites de conserves vides, avec quelques verres à pieds, qui avait une allure un peu bizarre, que l’on ne trouvait pas dans le commerce. Lorsque le patron d’un café, cassait un verre, il le donnait à un de ses clients, ce dernier prenait une boite (de thon, ou pâté) vide, et il cimentait le verre au pied cassé, cela faisait l’affaire pour le cabanon. Il y avait aussi dans un coin la cruche en terre, quelque peu écaillée tout le tour, dû aux petits coups qu’elle avait subis le long du mur du puits. Attachée à la anse, une longue corde pour pouvoir puiser de l’eau fraîche, sans avoir à installer la carélo. Dans un autre coin il y avait toujours un placard, où à l’intérieur, on y trouvait, une salière, poivrière, quelques assiettes, souvent ébréchées. Contre le mur quelques étagères, (hors de la portée des enfants), pour y déposer les sécateurs, pour la taille, plus les produits pour soigner la vigne, et toutes sortes de produits pour les bestioles, mulots, souris. Pendu à une poutre par deux fils de fer, il y avait un bois à l’horizontale, qui servait à suspendre les outils pour travailler la vigne. Une pioche (picole), un bêchard (bigot), râteau (rastéou), la faux (lou daï) faucille (ooulame) et quelques autres outils indispensables pour travailler la vigne. Sans oublier la sulfateuse, et la soufreuse, le jour où il fallait traiter la vigne contre certaines maladies, c’était toute une affaire, pour préparer la bouillie Bordelaise relevée de l’alchimie. Devant certains cabanons, il y avait une treille, souvent de raisin pour mettre dans l’eau de vie, qui servait surtout à faire de l’ombre, les jours de grande chaleur. Certains avaient, soit un grand tilleul, ou un vieux chêne. Il y avait à l’ombre, une grande table de différente forme, souvent ronde, en ciment confectionnée avec un cercle de récupération d’une roue de charrette. Contre le mur côté sud, il y avait presque toujours un banc en pierre, où une vielle traverse de voie ferrée, qui faisait office de banc. Devant tous les cabanons il y avait quelques plantes de fleurs, toujours les mêmes, Iris, donnant des fleurs blanches, ou violette, et de petites Roses Mousse, d’une senteur inégalable. Cette table servait les jours où toute la famille, et amis, venaient faire ribote. Spécialement le lundi de Pâques, et celui de la Pentecôte, pour manger la grillade de côtelettes, d’agneau Pascal (aux sarments de vigne). À Fuveau cela était une tradition, à l’époque où le village ne comptait que deux mille cinq cents habitants environ. Croyant ou Athée, presque tout le monde se trouvait au cabanon ce jour là. Il y avait bien d’autres occasions de faire un festin au cabanon, c’était à l’époque de la chasse, pour y faire tourner la broche, (l’asté). Quel plaisir de voir tourner (l’asté) sur un grande braise, de souche de vigne, des dizaines de grives, merles, et bien souvent de petits oiseaux, (chut ! il ne faut pas le dire trop fort, qu’en Provence on mange la brochette de petits oiseaux, Pinsons, linots, verdiers, et même les rouges-gorges (rigaou) !! embrochés, les uns contre les autres, entourés de lard, les voir fondre, sur un lit de grandes tranches de pain. Il y a aussi l’époque des bécasses, qui avant de les faire à la broche, il fallait qu’elles soient bien faisandées. Pour ce faire il fallait les entourer soigneusement de journaux, pour ne pas qu’une mouche vienne la piquer, il fallait qu’il y ait juste le bout de son long bec qui dépasse des journaux, par la suite, elles étaient pendus par les pattes, au frais, à une poutre de la cave, certains la gardaient jusqu'à quarante jours, pour qu’elle soit bien faisandée, elle l’était vraiment ? Le feu pour la broche était alimenté uniquement avec des vieilles souches de vigne, les grillades étaient aux sarments. Qui leur donnaient un bon goût. Les souches et les fagots (fascine) étaient souvent entreposés derrière le cabanon, au côté de la citerne (faite maison) pour la récupération des eaux de pluie. Souvent au milieu du champ de vignes, ou sur le bord, cela dépendait où le sourcier avait indiqué la veine d’eau, il y avait le puits (lou pous) il était plus ou moins profond, souvent creusé par la famille, ou par un puisatier. Avoir un puits dans notre région, c’était avoir une relique. Certains se flattaient d’avoir de la bonne eau, et que le niveau ne baissait pas, même en période de sécheresse ? Il était empierré de haut en bas : il y avait plusieurs types de puits, certain était avec une simple margelle, recouverte d’un cadre grillagé, une petite ouverture au centre pour faire passer le seau, il avait au centre un arc de cintre en fer plat, un anneau pour accrocher la poulie (carrélo). D’autres avaient une margelle toute fermée en forme de dôme, avec une porte souvent fermée à clef, par sécurité pour les enfants, et les animaux qui parfois en cherchant à boire tombaient à l’intérieur. Sur le côté attenant au puits, il y avait un petit réservoir en ciment qui servait pour préparer la bouillie bordelaise, pour traiter la vigne. Ou faire la vaisselle les jours de ribote L’été le puits servait de garde-manger, et frigidaire, soit pour y mettre les bouteilles de vins au frais, elles étaient mises dans le seau, et descendu dans le puits, noyées de quelques centimètres dans l’eau. Il y avait aussi une espèce de petit garde à manger, confectionné avec du grillage très fin, ce dernier servait à mettre le beurre, le fromage, charcuterie, et bien d’autres aliments que se dégradent à la chaleur. Bien souvent, un bon moment avant de passer à table, la margelle servait de comptoir, pour déguster le fameux pastis, avec l’eau fraîche du puits, souvent celui qui surveillait la broche, avait chaud, et la gorge sèche, et réclamait une grande part de pastis !! A l’époque où il n’y avait pas de locomotion, tous les chasseurs allaient faire l’ouverture dans le quartier où se trouvaient leurs cabanons. Presque tous les puits étaient ouverts, pour faire boire les chiens, il y avait souvent une boite de conserve au pied de la margelle, où était attachée une petite corde, pour puiser l’eau, et faire boire la meute. Tous les cabanons étaient fermés à clef, mais il ne fallait pas chercher longtemps pour la trouver, elle était souvent sous une tuile juste au dessus de la porte, où s’il y avait une pierre au pied du mur, à coup sûr elle était là, mais il faut dire qu’à cette époque il n’y avait pas de chapardage, de voleurs (Escanaïré). Après avoir travailler, soigner, bichonner sa vigne, toute l’année, il arrivait le temps de la vendange. Alors là il y avait toute la famille, sur le pied de guerre, les jeunes et les vieux, tout le monde y participait. Le matin de bonne heure tout était prêt. Tout le monde avait, son sécateur, ou tranché, et les voilà au départ, au début de chaque raie, même les enfants aidaient de leurs petites mains, lorsque le cageot (baneston) était plein le porteur entrait en jeu, il déposait le raisin dans des caisses à vendange, ou dans des cornues, ou bien souvent il les déversaient directement sur une bâche. Mais la vendange ne durait souvent pas très longtemps, souvent le travail était fini pour le repas du midi. Après avoir bu un, ou deux bons pastis, le feu pour faire la grillade avait déjà une bonne braise. Restait à y déposer les côtelettes, ou les andouillettes, de chez Gouirand. Le tout arrosé d’un bon vin, tout le monde portait un toast à la santé de Saint Vincent, patron des vignerons. Et de Bacchus (Dieu Grec du vin) Tout le monde se réjouissait qu’il ait fait beau temps. La vendange était terminée. Il rester à transporter, la récolte à la coopérative vinicole, par un charretier. Quelques jours avant que la vendange soit faite, le propriétaire, ramassait avec soin, les belles grappes d’une certaine qualité de raisin, des Muscats, les Rosaquis, pour mettre dans l’eau de vie, et surtout les belles grappes de Clairette, qu’il prenait soin de suspendre sur un fil de fer dans une pièce. C’était une qualité qui se conservait jusqu’ à la Noël, pour les treize desserts. Plus un ou deux cageots de belles grappes bien saines, pour faire le fameux Ratafia, vin de (Carthagène) Spécialité Fuvelaine. Que de joie, de plaisir nous avons eus au cabanon, les bons moments passaient en famille, ou entre amis. De nos jours les anciens ont disparu, et le cabanon du Grand-père, a été vendu, une villa se trouve à sa place, la vigne, sa vigne ! Celle qui lui donnait soi-disant du bon vin, et qu’il travaillait avec passion, et fierté, a été remplacée par une piscine. Finie la dégustation du pastis Sous la tonnelle, les grillades de côtelettes aux sarments, du lundi de Pâques, et celui de la Pentecôte, finies les brochettes d’oiseaux, avec la tranche, accompagnées d’un bon vin. Pour nous les anciens, tout cela fait partie de nos souvenirs !! Ils sont tellement présents dans nos mémoires. Que nous n’oublierons jamais les bons moments passés sous la tonnelle, de nos chers CABANONS D Marcel - Fuveau 2009-
- Page d'Accueil
- Les Poèmes
- Le loup - Nous passions
- Le Photographe - Les veillées
- l'Ânèsse -La Motocyclette
- Mon Ecole-le Braconnier
- La Jument- La Communion-
- Le Fédéral - Premier Lapin-
- Bord de l'Arc- Les Ténèbres
- Bataille dans le ciel- Le Para
- Bonne Action- Le monde est Pe
- Pony - Les gens de la Terre
- Photos-Les gens de la terre
- Photos Provence-
- Photos.Provence en Bleu.
- Les Marchés de Provenc.
- Les Fêtes d'antan.
- Anciens Commences Fuveau
- Bastide Clément
- Le Cabanon